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Les militants des Ardennes ont une nouvelle fédération

Cathy Apourceau-Poly s’est rendue dans les Ardennes le 28 septembre pour rencontrer les salariés en lutte àaux Ateliers des Janves et les cheminots. Point d’orgue de la journée, elle a inauguré le nouveau siège de la fédération à Charleville-Mézières.

 

Voici quelques extraits de son intervention :

 

Mesdames, Messieurs,

Chers camarades et amis,

Vous m’avez fait l’honneur de m’inviter aujourd’hui à inaugurer votre nouveau siège fédéral, et je dois avouer que malgré les kilomètres qui nous séparent, c’est une fierté d’être à vos côtés pour tourner ensemble cette nouvelle page de l’histoire du Parti Communiste, ici, dans les Ardennes.

Nous avons été tout à l’heure aux Ateliers de Janves, auprès des ouvriers en lutte, inquiets du devenir de leur entreprise. Certes, l’Atelier est le leader français dans son domaine, la bielle forgée et les inquiétudes quant au fait que l’usine sera rachetée sont minces, mais pour une centaine de travailleurs, l’inquiétude pèse.

Les syndicats ont évoqué avec nous les problèmes de gouvernance, le manque de modernisation de l’outil industriel et les appétits financiers qui ont détourné un outil de production de son sens premier. Ils ont aussi évoqué leurs craintes de ne pas être associés au choix de leur repreneur et donc de devoir potentiellement faire face à des suppressions d’emplois.

Nous avons aussi rencontré des cheminots, déterminés, ardents défenseurs du service public pour tous et partout. Les inquiétudes sont nombreuses dans un département comme celui-ci déjà marginalisé par le TGV EST et la réduction des dessertes des gares de Rethel, Charleville-Mézières et Sedan.

Être utile au quotidien

Être élue est un privilège et une grande responsabilité, nous tous ici présents le mesurons. C’est cet esprit de responsabilité et de service public qui a conduit les députés et sénateurs communistes à lancer en début d’année leur Tour de France des hôpitaux et des Ehpad, visitant une centaine d’établissements, rencontrant des milliers de militants, de soignants, d’usagers, pour avoir une image la plus fidèle possible de la réalité du terrain et ainsi préparer le budget de la Sécurité Sociale pour 2019 sur lequel nous allons devoir nous battre cet automne.

Le constat est terrible : seuls quelques établissements ont à peu près la tête hors de l’eau. Pour tous les autres, c’est la même chanson : insuffisance de personnel, endettement des structures, concurrence déloyale de la part du privé, engorgement des urgences du fait de la désertification médicale et de l’absence de solutions de soin de premier recours, équipements vétustes,… A chaque fois, le Ministère de la Santé invoque des problèmes d’organisation interne, alors que chaque année, les budgets alloués à la santé sont inférieurs aux besoins !

La semaine dernière, le gouvernement a tenté de faire bonne figure avec les annonces du « Plan santé 2022 ». Cette cérémonie présentée par le Président de la République a le goût amer d’une mauvaise blague : l’État s’engage à verser 400 millions par an aux hôpitaux, mais pour la seule année 2018, le budget a été amputé de près d’un milliard !

 

La présentation cette semaine du budget de la Sécurité sociale pour 2019 par la Ministre de la Santé a confirmé ce double langage : réductions des dépenses pour les assurés sociaux et cadeaux fiscaux pour les patrons.

Ainsi, la généralisation du reste à charge zéro pour les prothèses dentaires, auditives et l’optique « coûtera » 220 millions d’euros. Très bien : c’est une politique volontaire qui répond à un besoin réel des Français. Rien à redire là-dessus.

Mais dans le même temps, ce même PLFSS organise une nouvelle compensation financière des cotisations patronales de 20 milliards d’euros. J’irai même plus loin : si on additionne le remboursement du CICE pour l’année 2018 et la baisse de cotisations décidée pour 2019, la facture globale des cadeaux pour le patronat sera de 40 milliards d’euros. Ça fait un beau cadeau !

Donc d’un côté, 220 millions pour tous, et de l’autre, 40 milliards pour une poignée !

Alors que le Président de la République avait annoncé en avril dernier qu’il n’y aurait « pas d’économies sur l’hôpital pendant ce quinquennat », la politique d’austérité a été poursuivie et amplifiée en diminuant les moyens pour l’hôpital alors que les besoins de santé continuent de progresser.

Plus grave encore, pour financer ces 220 millions et rallonger (un tout petit peu) le budget global, le gouvernement ne crée en réalité pas de recettes nouvelles, il ne fait que prendre d’un côté pour redonner de l’autre.

La volonté de changer le terme « sécurité sociale » en « protection sociale » dans la constitution n’est pas anodin

Ainsi, 1,8 milliards d’euros vont être économisés grâce à la sous indexation des pensions de vieillesse et des allocations familiales. Elles seront revalorisées de 0,3% alors que l’inflation en 2019 devrait atteindre +1,7%.

La politique du gouvernement consiste donc à transvaser l’argent des poches des plus fragiles vers celles de la classe moyenne, tout en baissant les impôts des plus riches, le tout à grand renfort de « Plans » soi-disant ambitieux.

Notre combat politique dans les semaines à venir, ce sera de défendre la Sécurité Sociale contre toutes les attaques, qu’elles soient budgétaires, fiscales ou symboliques. La volonté de changer le terme « sécurité sociale » en « protection sociale » dans la constitution n’est pas anodin et témoigne d’une volonté de casser ce modèle !

Pourtant, notre population a plus que jamais besoin de sécurité sociale ! Que ce soit dans les Ardennes ou dans le Pas-de-Calais, la fin de l’industrie a laissé des séquelles profondes sur nos territoires. Faute de politique ambitieuse, le chômage augmente tandis que les villes deviennent de plus en plus tristes. La présence des services publics en ruralité doit être défendue, pour garantir à chaque citoyen un égal traitement où qu’il habite. C’est cela la République.

Merci à tous